Rechercher
  • TESSA

Tessa Industrie touche du bois

Fraîchement installée à Cap Malo, l’entreprise investit le marché de la construction à ossature bois selon les méthodes de l’industrie. Avec l’envie de bâtir plus vert et plus vite.



Il y a les murs qui divisent. Et ceux qui rassemblent. En alliant l’efficacité énergétique aux matériaux biosourcés, les murs de Tessa Industrie relèvent de la seconde catégorie. Fondée début 2019 par deux associés, respectivement ingénieur du bâtiment et responsable d’agence de communication, la PME de La Mézière mise tout sur son innovation maison pour séduire les professionnels de la construc- tion. Le marché de l’ossature bois peine encore à décoller. Tessa Industrie veut y contribuer.

Matériaux biosourcés

Le mur en question assemble à la verticale plusieurs couches de matériaux en bois dont le mix est censé garantir une per- formance énergétique globale supérieure de +39 % au standard actuel (RT 2012). Avec un bilan carbone moindre grâce à l’emploi de matériaux naturels. Le dirigeant de l’entreprise, Jérôme Philippe, détaille : « Pour isoler, on remplace le polystyrène ou la laine de verre par de la fibre de bois. Pour gagner en poids, on utilise des poutres en « i » à la place des poutres massives. Face intérieure, on emploie du Fermacell et un pare-vapeur rigide, pas de placo ». Le procédé a fait ses preuves en Europe du Nord, notamment en Allemagne.

Préfabriqué en usine

Derrière l’innovation produit, l’entreprise peaufine un système constructif original sur le mode du kit industriel. Tous les murs sont prémontés en usine aux dimensions voulues - avec les menuiseries et les coffres de volet intégrés - sur une gigan- tesque machine d’assemblage compacte, longue de 18 m. Idem pour la charpente et les planchers. Livrées par camion sur le chantier, les pièces de l’ossature bois sont ensuite assemblées comme un puzzle XXL en 3D dans un délai de dix jours. « Nous sous-traitons la pose. Notre métier, c’est la fabrication ».

90 maisons en cinq ans

Déjà bien insérée dans les réseaux BTP, la PME s’est donné les moyens de réussir. Des bureaux modernes à Cap Malo, un gigantesque atelier, une levée de fonds de 300 000 €... Et déjà une équipe de huit salariés qui doublera rapidement pour honorer les devis. Une maison pilote est sortie de terre à Pacé cet été. Trois maisons individuelles et trois microcrèches sont en construction dans l’Ouest. « Nous avons déjà enregis- tré une trentaine de commandes, calcule Jérôme Philippe. Nous prévoyons de sortir 90 maisons en cinq ans. C’est la capacité de production annuelle de notre atelier ». Le prix de revient d’une maison bois reste nettement supérieur au coût d’une construction traditionnelle. « Mais les aspi- rations écologiques de la clientèle sont plus fortes. Et la réglementation thermique va encore se renforcer ». Tessa Industrie se dit prête à relever le défi du bâtiment tertiaire et du petit collectif (R+3). En Bretagne, l’ossature bois représente à peine 8 % du marché de la construction neuve.


Article écrit par : Val d'ille Aubigné

Visible sur : Le magazine, n°16 Septembre/Octobre 2019